Mémoires d'âmes et de terres

Ce programme est une traversée musicale où la mémoire des peuples rencontre l’élan de l’âme individuelle. Chaque œuvre y incarne un souffle — celui d’une culture, d’un langage, d’une émotion — transfiguré par la voix singulière de ses compositeurs.

Avec ses Cinq pièces sur des thèmes folkloriques, le Géorgien Sulkhan Tsintsadze transforme la musique populaire de son pays en miniatures vibrantes, aux rythmes incisifs et aux couleurs brutes. Le folklore devient ici matière vivante, sculptée par une écriture classique moderne.

Dans sa Sonate n° 1 (1978), Alfred Schnittke nous entraîne aux confins du chaos et de la confession. Sa musique, traversée de tensions, de ruptures et de citations, expose une âme mise à nu — tiraillée entre mémoire soviétique, ironie postmoderne et recherche d’absolu.

Avec Pohádka (“Conte de fée”), Leoš Janáček plonge dans le lyrisme d’un monde onirique inspiré de la littérature slave. Les lignes mélodiques sinueuses du violoncelle dialoguent avec un piano évocateur : le folklore y devient murmure poétique, intime et fragile.

Enfin, Astor Piazzolla, avec Le Grand Tango, fusionne la sensualité du tango argentin avec la virtuosité du langage classique. Le souffle populaire y devient danse exaltée, élégante et viscérale à la fois — un éclat de passion, entre tradition et modernité.

Ces œuvres, venues de Géorgie, de Russie, de Moravie ou d’Argentine, racontent toutes à leur manière l’histoire de peuples et d’âmes en mouvement. Entre racines profondes et cris intérieurs, elles dessinent une cartographie sensible de l’humanité en musique.

Retour en haut